« Femme debout face à la guerre » : Ne plus taire la violence !

Publié le : , par  Administrateur

Le viol comme arme de guerre constitue aujourd’hui une matrice du dérèglement du monde. C’est de cela que nous témoigne Justine Masika.

Les viols de guerre existent depuis longtemps dans les conflits, mais ils sont toujours tus et ignorés.

Ce témoignage n’est pas seulement un cri visant à dénoncer la cruauté dont sont capables les hommes, mais aussi à rappeler qu’ils restent ignorés même quand les guerres s’achèvent.

Ces crimes de guerre visent à terroriser, humilier, contrôler et détruire les populations du camp d’en face. Prendre conscience des spécificités de ces crimes, c’est comprendre une part de notre histoire, parce que ceux-ci sont universels. Justine Masika Bihamba témoigne depuis des décennies de ces violences sexuelles de la part des hommes, tant par la quantité d’actes commis que par le niveau d’atrocités et de barbarie.

Depuis 1994 avec les conflits au Rwanda, nous assistons au Kivu, dans l’indifférence mondiale, à l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, avec plus de six millions de morts. La brutalité de cette guerre s’exerce particulièrement sur le corps des femmes. Pour les matières premières de nos téléphones, des batteries de notre économie verte et au nom d’un extractivisme acharné, les corps des femmes et les réserves naturelles sont saccagés !

Dans ce chaos, Justine Masika Bihamba incarne l’espoir. Elle nous rappelle que les victimes peuvent aussi, en même temps, être des héroïnes. C’est le sens qu’elle a donné à sa vie : celui de ne pas céder. Avec son ONG, elle est parvenue à recoller les vies brisées de plus de 18 000 femmes.

Son combat, elle et beaucoup d’autres femmes victimes l’ont mené dans la région du Nord-Kivu et à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), tout en pensant aux femmes du bout du monde. Au cœur de ses actions : l’émancipation socio-économique des femmes. L’objectif est de sensibiliser les femmes rurales à leurs droits. Avec d’autres femmes et l’aval de quelques hommes, elle se concentre sur les violences et agressions au sein même des foyers, mais aussi sur les viols commis par les groupes armés (une femme violée est bannie de sa communauté et se retrouve seule).

La charge est considérable pour les membres de l’organisation « Synergie ». Il y a eu 35 centres d’accueil, mais après de nouveaux combats, les militaires les ont pillé. Aujourd’hui il en reste cinq et plusieurs maisons d’écoute dans plusieurs villes.

Pourquoi le destin a-t-il fait d’elle, fille de simple commerçant du Sud-Kivu, une activiste internationale ? Repérée par le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme à Goma, militante no-vice, elle découvre à cette échelle toutes les compétences et les textes jusque-là ignorés.

La résolution 1325, adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, concerne les droits des femmes, la paix et la sécurité. Elle aborde les thèmes de la représentation des femmes dans les organismes de résolution des conflits et lors des processus de paix, la condition féminine durant le rapatriement et le déplacement de populations, ainsi que celui de la rééducation et de la réinsertion des femmes et jeunes filles consécutives à un conflit. C’est le premier document formel et légal issu du Conseil de sécurité qui impose aux différentes parties d’un conflit de respecter les droits des femmes.

Pour emprunter ce livre passionnant, il suffit de cliquer ici.

Femme debout face à la guerre (Préface Anne-Cécile Mailfert), Justine Masika Bihamba, Editions De L’Aube Monde En Cours, 1 Mars 2024

Par Marie-Luce Gruber

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