Trois regards, un jeu de miroirs

Publié le : , par  Administrateur

La première édition de l’Université d’Eté des mouvements sociaux et de la Solidarité Internationale a réuni plus de 820 personnes en ce début Juillet. Cet évènement a été très riche en réflexions, en partage et … en utopies, pardi !

Chaque personne a vécu ce moment à son rythme.

Pour les bénévoles et l’équipe de coordination le pas de course était de mise avec des arrêts fréquents aux stands des questions, du matériel et des imprévus. Dans cette ambiance footing, la fatigue disparaissait avec les sourires et la nuit semblait étrangement calme.

Pour les participant-e-s, les questions allaient bon train à la fin de chaque programmation, comme une bonne soupe : un peu de politique, une pincée de récits de vie, une bonne dose de rencontres, de grosses questions non élucidées et pour le piment, l’irrésistible théorie. Mais, devant ce repas, certain-e-s ont trouvé des moments pour digérer et s’allonger un peu à l’ombre du soleil brulant !

Pour les intervenant-e-s, la chose est encore différente, ce fut le moment de la parole et de l’écoute. A la recherche de bases pour des actions futures, ils et elles ont partagé l’état d’avancement de leur parcours et de leurs recherches pour questionner au mieux cette notion d’utopie, si prégnante face à la situation du monde aujourd’hui. C’était pour eux et elles, le temps d’organiser le changement.

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Les animations ont remué émotions, savoirs et ambiance. Des mots sont partis dans la nature grâce au balai d’Irène Dhote. « Stress », « compétitivité », « individualisme », « exclusion » et « guerre » ont été chassés de notre monde pour être remplacé par de belles utopies comme la coopération, la confiance, le partage, la liberté et la paix. Le voyage chez les utopistes bisontins a redessiné les frontières du pensable, du possible et du réel dans les rues préservées de la belle cité franc-comtoise.

Et que serait un évènement sans un peu d’humour ? Le caricaturiste Rodho a suivi du crayon toute l’édition en offrant des parallèles avec l’actualité, en revisitant les clichés et en mettant en scène les petits tracas inséparables de cette aventure, comme la perte des écocups ou la difficulté de choisir devant un programme chargé de propositions.

Projections, conférence gesticulée, fresque, tapis engagé… tant d’opportunités drôles ou sages pour écouter et s’exprimer.

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Les motivations dans un tel rassemblement sont nombreuses, chacun-e est venu-e y puiser quelque chose de différent.

Par exemple, un participant, membre du GRAD, collecte et restitue des informations sur les droits humains et l’écologie. Il est intéressé d’ « entendre plusieurs sensibilités et approches » et d’enrichir ses travaux professionnels.

Les bénévoles, quant à eux, recherchaient souvent un apport personnel et associatif. Certain-e-s sont venu-e-s de loin pour participer à cette expérience. Une jeune bénévole ardennaise expatriée à Toulouse déclare ainsi : « je suis venue pour voir comment on organise un gros évènement de l’intérieur. C’est un moment très riche de rencontres, informations, notamment sur la convergence des luttes qui permettra d’enrichir nos actions sur Toulouse. » La rencontre des personnes, des associations alimente le réseau d’action pour un monde meilleur et contribue à un partage d’expérience incroyable.

Une intervenante, engagée avec Ingénieurs Sans Frontières et Une Seule Planète, raconte : « L’Université d’été permet de questionner cette notion d’initiatives, d’alternatives et d’innovation à travers des expériences et réflexions plus larges et d’apporter du « grain à moudre » pour affiner nos pratique et théories. Notre but est d’éviter la course à la seule technique en oubliant l’aspect humain et les besoins locaux. Le temps d’échanges est très riche en acteurs divers et en convivialité ; il permet aussi d’agrandir les réseaux et peut-être de fédérer des initiatives proches à terme ».

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L’utopie, abstraite et pourtant concrète, nous pousse à voir plus loin, à changer de regard sur notre société. Il nous faut voir de l’autre côté du miroir, mais ce miroir a plus d’une face ; de l’avant ou de l’envers il n’y a trace. La frontière est floue si on se passe du cadre. Si bien qu’au final, nous ne savons pas vraiment qui est bien dedans et qui ne l’est pas.
Faire bouger les lignes, voilà une belle ambition pour un tel événement !

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