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Culture engagée
Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces Franz Broswimmer, éditions Agone, 2010
Une première traduction de ce livre est parue sous le titre ″Ecocide″ aux éditions Parangon en 2003. L’″Ecocide″ du grec oikos, la maison et du latin caedere, tuer, abattre : l’assassinat donc du milieu de vie. C’est sous ce terme, forgé en 1969, que Broswimmer a choisi d’inscrire son livre. L’extinction massive des espèces, la réduction brutale de la diversité biologique témoignent d’un désastre environnemental profond.
Comment l’Homo sapiens, s’est-il lancé à la conquête du monde à partir de l’Afrique, détruisant partout sa « maison » ? Comment ces destructions, jusqu’ici locales et limitées, ont pris avec le capitalisme industriel mondialisé une dimension planétaire ? L’exploitation des humains entre eux n’implique-t-elle pas qu’ils exploitent aussi la nature jusqu’à la détruire ?
Ce livre nous donne quelques repères historiques pour mieux comprendre le processus de l’extinction en masse des espèces. Broswimmer nous présente une théorie sociologique explicative des racines sociales et historiques de la dégradation environnementale qui entraine la fin des sociétés humaines. A partir d’une étude des civilisations, des grands empires, et des sociétés prospères qui ont sombré comme les Mayas, la Grèce, la Chine….
Un livre complémentaire de celui de Jared Daimond, Effondrement, paru en 2005, qui parle plus de l’expansion démographique comme cause principale de la fragilité de l’écologique d’une société et de son effondrement sous les coups d’autres facteurs (climat, hostilité des voisins, flux commerciaux).
Broswimmer nous propose une thèse sur l’origine du saccage environnemental et de l’effondrement planétaire très intéressante qui nous fait dire que l’on peut douter de la longévité de notre société du capitalisme industriel exponentiel qui n’a que deux siècles d’existence et qu’il sera difficile d’en construire une nouvelle sur une planète poubelle.