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Le « scénario du pire »

 

L'actualité de ce printemps est marquée par au moins deux événements d'importance planétaire, à propos desquels la même expression de « scénario du pire » a été utilisée. Il s'agit de l'accident nucléaire au Japon et de la résolution dans le sang, en Libye et ailleurs, des mouvements sociaux du Printemps arabe. Nos experts patentés ainsi que nos décideurs ont été pris de court et à contre-pied. Le registre de l'impensé fait irruption dans notre réalité commune et, dans le cas de l'atome civil, à un niveau insensé de risque pour l'humanité.

Un fait éclaire l'autre. La concentration de la ressource énergétique et sa sécurisation ayant été scellées au développement de notre modèle économique, dictature nucléaire, dictatures du pétrole, kleptocraties et mafias de l'énergie ont pris le pas depuis cinquante ans sur le droit et la démocratie. Lors de la révolution égyptienne, de grandes banques françaises ont tenu à publier leur manque à gagner dans ce pays. On apprend que le directeur de la centrale de Fukushima aurait signé des contrôles de sécurité truqués et qu'il n'assurait même plus ses réacteurs. Où il y a rupture de démocratie, il n'y a plus de responsabilité.

Nous sommes engagés avec d'autres dans une éducation à la citoyenneté mondiale active, laquelle ne peut avoir de sens que dans le contexte d'une démocratie vraie. Le pire dans le présent scénario est du côté de l'inacceptable plus que de celui de la fatalité.

 


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